Les Journées PoëtPoët 2019

Les 13èmes Journées PoëtPoët, organisées par la Compagnie Une petite voix m’a dit,  se sont déroulées du 18 au  24 mars 2019 dans la région niçoise. Le thème du Printemps des Poètes étant « la beauté ».

Rencontres

La première poète invitée était Aya Mansour, poète irakienne de 27 ans qui vit à Bagdad et qui était accompagnée de sa traductrice Souad Labbize et de leur éditrice Maud Leroy des Éditions des Lisières. Une belle rencontre que celle faite avec ces trois personnalités attachantes et hautes en couleurs!

La première chose incroyable fut la rencontre de Aya Mansour avec les poètes mexicains invités à la faculté des lettres de Nice : Cesar Anguiano Silva et Jorge Vargas. On pensait des univers différents mais dont les histoires étaient communes : une histoire de guerre, de sang et de violence… Ce sont les textes du recueil d’Aya Mansour, Seule, elle chante (Editions des Lisières) qui relatent de sa réalité. Ce n’est pas un document journalistique mais comme dira si bien une élève du Collège Jules-Verne de Cagnes-sur-Mer : Aya Mansour est une « Poète de Guerre ».

Cette rencontre avec les collégiens fut aussi déterminante. Ils voyaient une poète vivante, pleine de vie, chargée de vie, à peine leur ainée et si touchante, touchée et abordable. Aya les a touché, c’est indéniable. Ils s’en souviendront, Aya comme les collégiens de Cagnes-sur-Mer.

Aya Mansour

Cette poésie de guerre contraste avec le dynamisme et caractère enjoué, espiègle et joyeux de ce bout de femme haut comme trois pommes. Nous l’avons vu chanter, danser, rire comme n’importe qui n’ayant pas vécu ce qu’elle vit au quotidien…

La soirée à l’EntrePont, au 109, fut une belle soirée où on a pu entendre la voix et la langue d’Aya Mansour et sa traduction. C’est tellement puissant une poésie dans sa langue maternelle. Aya Mansour écrit en arabe et lit sa poésie forte en arabe. C’est beau. Nous avons aussi pu entendre une performance vocale et musicale de Danielle Bonito Sales d’après la poésie d’Aya Mansour. Enfin, la séance dédicace à la librairie Massena où nous avons pu voir une des collégiennes qui avait convaincu sa mère de venir l’accompagner… C’est une belle victoire!

Il y a eu la journée des petits poëtes à la Médiathèque de Mouans-Sartoux animée par Caroline Duval de la Compagnie Be. Nous avons ensuite eu notre soirée à la cave Romagnan, la mythique salle de jazz de Nice où nous avons fait connaissance avec Cathy KO, professeur des Écoles et poète de Grenoble. Elle a eu l’idée folle de faire un aller-retour sur Nice pour être présente pour les Journées PoëtPoët! Elle a aussi écrit un recueil de poésie appelé Maitresse Poet Poet ! Il était donc obligatoire qu’elle soit parmi nous! C’est certain qu’elle reviendra! J’ai aussi présenté les Fariboles, courtes vidéos que je tourne avec mon ami de (très) longue date :  Eric Frèrejacques, conteur et musicien.

Charles Pennequin

Charles Pennequin est le parrain de cette édition des PoëtPoët. Nous sommes allés l’accueillir à l’aéroport de Nice avec des fleurs. Parce que nous aimons les fleurs. Charles Pennequin est un homme en colère. Du moins dont la poésie est en colère. Une colère qui dépasse les murs et qu’il porte en dehors. Une colère et puis du rire et puis on se demande si on doit pas pleurer aussi… Il se nourrit des mots. Il les prémâche, les mâche et les recrache, comme ça. On écoute, on le regarde, on rit, on réfléchit, on pleure et on rit et on réfléchit et on écoute… et encore… Charles Pennequin est un poète performeur! Quand nous l’avons vu dans Les poètes sont encore vivants, de Xavier Gayan, nous nous sommes dit qu’il fallait qu’il vienne à Nice! Et le voici devant nous. Charles Pennequin est un homme massif, immense à la large charpente et au regard doux.

La Pétarade

Nous avons amené Charles Pennequin dans notre douce folie au Centre Culturel de la Gaude autour de la Pétarade, le nom d’une de ses vidéos. Nous lui avons concocté, ainsi qu’aux spectateurs, une grande soirée qui a débuté avec le vernissage de l’exposition de Daniel Fillod, artiste libre protéiforme et philosophe. Nous avons eu une présentation de Charles Pennequin par le Journaliste stagiaire de PoëtTV puis par l’universitaire Sophie La Buse.

Nous avons écouté la voix de soprano d’Amy Blake sortir d’un van avant d’écouter le Chœur des Poètes nous déclamer 200 conseils pour un carnaval. Nous avons assisté à un concert de Clément Althaus et de Christelle Bernard avant d’être emportés dans une improvisation dansée de Marie-Pierre Genovese, artiste chorégraphique. Sur la terrasse, nous avons pu écouter la poésie en Espagnol du Mexique de Cesar Anguiano Silva et de Jorge Vargas traduite par Patrick Quillier. Enfin, nous avons vu apparaitre Charles Pennequin sur un bobcat nous amener vers son univers.

Nous avons pu voir une nouvelle performance de Charles Pennequin à la BMVR Louis-Nucéra qui s’est déroulé dans un contexte étrange et chargé. Le même weekend, Nice accueillait le président Emmanuel Macron venu rencontrer le président Chinois Xi Jinping qui était sur la Côte d’Azur. Du coup, Nice était sous une interdiction préfectorale de manifestations des « Gilets Jaunes » qui avaient fait un appel national pour venir manifester. Cet acte XIX s’est achevé par une militante sérieusement blessée à Nice, pas loin de nous. C’est dans ce contexte, que Charles Pennequin, avec l’accord de la direction de la BMVR Louis-Nucéra est sorti performer dans la salle de lecture de la bibliothèque. Certaines personnes n’ont pas réagi, certains ont souri, d’autres ont rouspété et une personne s’est levée et a bousculé Charles Pennequin en pleine performance. Cela ne lui était jamais arrivé. L’incident s’est vite terminé. Connue de la bibliothèque pour son comportement excessif, cette personne aurait pu être surveillée de plus près. Mais on ne peut ni surveiller tout le monde ni anticiper les faits et gestes de tous. Même devant une performance poétique.

Jacques Bonnaffé

Nous avons eu la joie de recevoir Jacques Bonnaffé, comédien et surtout passeur de poésie sur France Culture ou sur scène. Avec François Corneloup, nous avons eu droit à un extraordinaire Concert-texte durant lequel Jacques Bonnaffé et le saxophoniste François Corneloup ont virevolté avec une énergie communicative !

Une Journée au monastère

Comme chaque année depuis quelques éditions, nous avons la chance de passer une journée au monastère de Saorge. Une bâtisse extraordinaire de charme qui séduit au milieu des majestueuses pré-Alpes. C’est un endroit qui subjugue toujours les poètes qu’on amène. Cette fois, nous amenons Charles Pennequin et Jacques Bonnaffé.

La performance était à la hauteur des personnalités de chacun : puissante, respectueuse et poétique. Une rencontre exceptionnelle de ces deux personnalités opposées : un Charles Pennequin puissant en intériorité et un Jacques Bonnaffé puissant en extériorité. Le tout dans le cloître et dans l’église du Monastère. C’était exceptionnel! Merci à vous deux!

Vivement les 14èmes Journées PoëtPoët !!!

A Lire :

D’autres photographies des PoëtPoët 2019

 

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2 Comments

  1. C’est ça, retourne donc le couteau dans la plaie 🙂

    Oh que ça devait être chouette !

    • Eric Clément-Demange

      Désolé pour la plaie mais c’était vraiment très très chouette !!!

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